Chronique 24/34

Le Mans FC 2008-2009
Le Stade Marie-Marvingt. Quand même autre chose que MMArena ce nom. Le naming quelle drôle d’idée. Pas sûr qu’il y a un seul supporter qui « supporte » cette perte d’âme. Alors oui il faut inventer de nouveaux revenus. Mais tout n’est pas à vendre non ? Débat immuable entre la fin et les moyens. Je crois plus quant à moi au supplément d’âme qu’à l’augmentation des revenus.
 
Cette saison 2008-2009 est la dernière saison complète au Stade Léon Bollée. J’y suis tellement attaché à ce stade, à cette pelouse bombée, à ces tribunes asymétriques. Les virages ouverts à la « marseillaise », la petite tribune présidentielle toute vieillotte et cette immense tribune Chancel, qui résiste encore aujourd’hui aux démolisseurs. Une belle ironie d’ailleurs.
 
Je continue à me délecter de venir au stade à pied soir de match, partant du Vieux Mans et rejoignant toutes les « rivières » de supporters qui se sont formées pour l’occasion et affluent à pied jusqu’à Bollée. On entend au loin Fabien Obric qui anime la soirée. Le quartier de Bollée devient piéton. Les habitants du quartier qui n’aiment pas le foot en prennent pour quelques heures. J’aime sentir cette ambiance, cette excitation du match. Un ami m’accompagne souvent au match : Florent et Pierre Yves ont sans doute été les plus assidus à Bollée.
 
J’avais ma place réservée en tribune de presse mais je préférais être au milieu de la passion, vivre le match avec les supporters, muni de mon fidèle carnet de notes sur lequel je notais les actions et les minutes. Mettre une tape sur la cuisse ou sur l’épaule à mon pote après une action ratée, exploser de joie et ne pas se retenir. « Personne ne regrettera Bollée » prononcera quelques mois plus tard un coach du Mans. Mes deux amis sans doute, car ils ne m’ont pas suivi au MMArena. Moi aussi j’ai laissé quelque chose là-bas. Et je ne l’ai toujours pas retrouvé. Je retournerai un jour au stade apprécier cette ambiance de jeu et de plaisir. A Ancone aussi il y a un stade et une équipe, je devrai y aller plus souvent. Mais on ne commande pas la passion. Elle est restée quelque part sur un siège à Bollée.
 
C’est étonnant j’ai beaucoup de souvenirs des matchs à l’extérieur cette saison là mais un peu moins à la maison. Il est vrai que nous n’avions fait tomber aucun « gros » à domicile en 2008-2009, avec beaucoup de courtes défaites ou des nuls. D’ailleurs, c’est tout de même une saison étonnante : l’équipe avait fait un tel début de saison. Troisièmes au soir d’un beau nul 2-2 à Rennes, les hommes de Yves Bertucci ont ensuite enchainé 7 défaites en 9 matchs sur la fin d’année. C’est si fragile le football. La deuxième partie de saison sera difficile mais finalement, l’équipe se sauvera. Non sans que le club ait connu des remous : 3 coachs sur toute la saison. En effet après Yves, Daniel reprend l’équipe pendant quelques mois avant qu’Arnaud Cormier ne prenne en charge l’équipe sur les 4 derniers matchs de la saison. La confiance quitte Henri.
 
C’est tout de même dommage que cette saison ne fut pas plus appréciée à sa juste valeur. Car quand on regarde de plus près les détails. L’équipe était annoncée en difficulté vu les départs à l’été 2008 et les remplaçants ont été à la hauteur. Thorstein Helstad finit sa première saison en Ligue 1 avec 10 buts, Modibo Maiga a surpris son monde avec 8 buts et Gervinho suit juste derrière avec 7 buts. Mathieu Coutadeur au milieu de terrain prend de l’épaisseur et finit la saison avec 4 buts et 2 passes décisives (dont un superbe corner direct face à Valenciennes) tandis qu’Anthony Le Tallec réalise une solide saison avec 5 buts et 4 passes décisives. On attendait peut-être plus de Roland Lamah et Marcelo Estigarribia sur le flanc gauche. Mais l’équipe montre de l’homogénéité et de la qualité. Avec un bon état d’esprit qui plus est. Il est notable de regarder les résultats lors cette saison et de voir à quel point l’équipe mancelle a abordé tous ses matchs avec sérieux. La défaite la plus large a eu lieu à Monaco en novembre (3-0) mais par ailleurs l’équipe n’a jamais perdu par plus de 2 buts d’écart cette saison-là. Accrocheuse et sérieuse. Peut-être moins talentueuse que sa prédécesseur mais toujours joueuse.
 
Le Mans finit 16ème cette saison, sa quatrième de suite en Ligue 1 et sa cinquième au haut niveau. Les joueurs formés au club sont nombreux dans l’effectif : Yohann Pelé, Thibaut Ferrand, Samuel Bouhours, Ludovic Baal, Mathieu Coutadeur, Mathieu Dossevi, Abdou Dieye.
 
Des recrues qui se sont adaptés en grande majorité, des jeunes formés au club qui jouent. Mais pourquoi tout va devenir si difficile quelques mois plus tard ?

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En septembre 2024, je me lancerai dans une nouvelle formule, avec sans doute des interviews de joueurs, actuels ou anciens, du Mans ou des focus sur des anciens joueurs qui ont peu joué en pro mais qui ont percé ailleurs.