L’équipe professionnelle. Le centre de formation. La Pincenardière, le Stade Léon Bollée puis le MMArena. L’internat du Lycée Sud, le Clos Fleuri… Toutes ces entités formaient à l’époque notre galaxie, notre monde. Si la naissance du nouveau stade, avec une prise de risque trop grande, a précipité la chute du club, il faut redonner à César ce qui appartient à César. Car même si le club s’est retrouvé sur le banc des coupables de l’histoire footballistique à un moment, je peux vous garantir que j’ai vu de l’intérieur du sérieux, de la volonté et du talent. Tout le monde a tenté d’être à la hauteur du défi qui était celui du club. Coachs, joueurs, dirigeants, salariés.
La chronique de la semaine dernière a peu fait réagir. Ma vision qui tend à enlever un peu de responsabilité à Henri Legarda est-elle erronée ? Toujours aujourd’hui, je n’apprécie que rarement les coupables faciles. Une trop grande facilité de penser sur un sujet complexe cache toujours un loup. J’aime voir gris. J’y perds parfois le nord. Le spectre de JC Boulard tourne-il encore en ville ? Et encore je n’ai pas parlé de Claude Hervé, l’homme qui sortait régulièrement du chapeau de Jean-Claude. On en parlera plus tard il reste encore quelques semaines.
Quand il s’agit de magouille et de fripouille, il faut bien se garder quelques scènes comiques. D’ailleurs, les vents sont bien contraires depuis que Claude a vu Jean-Claude quitter la barque. Un petit coup d’œil du côté de Bener ? Non, benermans ou pas, c’est une autre histoire.
Non aujourd’hui j’ai envie de témoigner de ce que j’ai vécu à l’intérieur du club lors de ces dernières années.
L’implication plus que totale des coachs, des joueurs et des administratifs quels que soient leur niveau. C’est vis-à-vis de cet investissement humain que la chute a été la plus dure. Je me suis énervé contre un journaliste avec qui je m’entendais pourtant très bien après l’avoir entendu critiquer trop facilement Yves Bertucci ou encore Denis Zanko. Il les chargeait sans prendre en compte leur implication, leur responsabilité… Quand les caméras de France 3 volaient des images de la Pincenardière et de ses salariés peu avant le licenciement collectif, c’était douloureux et injuste.
Car même si le club est tombé, ça bossait de partout au club. Henri aimait le mouvement et les projets, on en manquait pas. Le Président aimait voir ses équipes investies et détestait la routine qui endort. Ambition partout. L’arrivée du stade est restée une chance pour beaucoup d’entre nous de travailler sur des beaux projets. Les systèmes de billetterie au stade, les structures informatiques et réseaux, les écrans géants, les nouvelles offres que permettaient le MMArena, le développement du centre de formation. Toutes les entités du club avaient des projets à gérer. De mon côté par exemple, j’ai pu profiter de tout le talent et le savoir de Benjamin Sorin pour participer à la réalisation des contenus écrans géants 100% en interne, sans faire appel à une boite de production. Et elles envoyaient du bois nos vidéos ! Bon le malheur c’est qu’ensuite au MMArena on les utilisaient peu, vu qu’on marquaient peu. On y reviendra.
De ma posture de témoin j’ai vu beaucoup de gens travailler. Avec talent et volume, ce qui dans le football équivaut à de très bons joueurs. D’ailleurs, le Paris Saint-Germain ne s’y ait pas trompé et fait jouer dans sa team Nicolas Arndt et Arnaud Reyre, deux anciens de la Billetterie au Mans. Les 24 Heures du Mans ont récupéré le petit génie travailleur Benjamin Guyard, dont je suis un grand fan pour de multiples raisons. Déjà car il fait partie comme moi de la grande famille coulainaise. Coulaines the Gang. Et puis voir un ami débarquer sans prévenir dans les bureaux en mode « mais qu’est-ce que tu fais là toi? » et devenir un collègue, je le souhaite à tout le monde. Bref. Du travail et du talent. ‘Fin moi je parle pour les autres, je n’ai fait que regarder et rendre compte de mon côté.
Au-delà de ce rôle d’observation, j’ai rempli aussi celui d’animateur du couloir droit, moi l’homme gauche (maladroit ou islamo-gauchiste, voire les deux). Je dois encore m’excuser auprès de Philippe Simon d’avoir été si lourd avec lui et toute l’équipe commerciale. Le vendredi après-midi, alors que Maryan Gilet, Yoann Regourd et Anthony Pecqueur n’avaient qu’une envie, finir la journée, j’interrompais la réunion commerciale en introduisant dans les faux plafonds des talkies-walkies réglés à fond duquel je faisais rugir des cornes de brume de paquebot. Et chez moi le problème c’est que je ne sais pas m’arrêter. Aujourd’hui encore j’en rigole.
Est-ce que ce monde est sérieux ? Avec mon grand frère Fred Tant, je crois qu’on est resté bloqué à l’âge de 12 ans. A l’heure des premiers émois. Car quoi que tu fasses, l’amour est partout où tu regardes.