Chronique 33/34

Frédéric Thomas le mans fc
Touff. Le plus manceau des parisiens, le plus parisien des manceaux. Aujourd’hui revenu au club, là où est sa place, à l’instar de Gregory Cerdan, Frédéric Thomas entraîne les jeunes du Mans FC, ceux qui on l’espère revêtiront le maillot sang et or dans les prochaines années. Le capitaine l’a longtemps si bien porté, avec tout ce qui a toujours fait son jeu : du volume, des duels, peu de perte de balle, une technique propre tournée vers ses coéquipiers… et quelques beaux buts ! J’ai souvenir notamment de cette magnifique frappe contre Troyes en 2005 (https://www.youtube.com/watch?v=rPdOFIz10pE), un but qui m’a rendu fier en tant que supporter !
 
J’ai hésité à écrire ce texte, par respect pour lui et sa discrétion légendaire, en tout cas en dehors du vestiaire… Parce que dans l’antre sacré, c’était autre chose. A côté de son éternel pote Yohann Pelé, le natif de Sarcelles faisait entendre sa voix et son rire dans le vestiaire, comme il était présent auprès des jeunes pour donner l’exemple et des conseils. J’ai eu le bonheur de partager 7 saisons avec Touff, beaucoup plus que n’importe quel joueur de l’effectif. Touff a joué 378 matchs avec le club. Loin derrière la légende Régis Beunardeau (493 matchs) et derrière Christian Penaud (443 matchs), juste devant Olivier Pedemas (324 matchs). Un métronome qui a participé aux deux montées (la troisième fut si proche en 2011-2012) et qui a cumulé 136 matchs en Ligue 1 au club. D’ailleurs je me rappelle que lorsque je mettais les fiches joueurs à jour les soirs de match la sienne était impressionnante.
 
Visez un peu en championnat : 35 matchs en 2002-2003, 36 matchs en 2003-2004, 37 matchs en 2004-2005, 38 matchs en 2005-2006, sa saison la plus aboutie en Ligue 1. Incroyable régularité sur laquelle s’appuyait évidemment coachs et équipiers. D’autant plus que le milieu de terrain est un dur au mal. Sur les dernières saisons, je sais que Touff a beaucoup souffert de douleurs aux genoux, et a joué en ayant mal très régulièrement. Capitaine. Et si je ne vous le livrais pas aujourd’hui l’auriez-vous su ? Non. Patron.
 
Chambreur comme un parisien, discret comme un sarthois. Mais qui es-tu Fredo ?
 
J’ai toujours été plutôt discret dans le vestiaire, observant beaucoup mais parlant peu avec les joueurs. Déjà parce que ce n’était pas ma place mais aussi pour respecter leur intimité. Alors, curieux de ce silence après des années de quotidien partagé, Frédéric m’a offert un joli cadeau dans les derniers mois à la Pincenardière. Accoudé sur le bureau du secrétariat à l’entrée de la Pince, il m’a un jour lancé avec son sourire chambreur « mais tu es qui Charly ? ». Personnellement, j’ai gardé cette phrase comme un petit trésor. Je ne connais pas la réponse mais sa curiosité m’a honoré. C’était pour le supporter infiltré que j’étais un foutu cadeau. Bien sûr je ne l’emmènerai pas dans ma tombe. Quoique.
 
Et puis Touff c’est aussi le joueur qui lie les générations. Il était coéquipier de Laurent Bonnart déjà en 1999, il fut capitaine des jeunes Morgan Sanson, Sebastien Corchia ou encore de Quentin Beunardeau, fils de !
 
Un fils de auquel j’ai envie de rendre hommage aujourd’hui. Cadre du Red Star FC, le plus beau club de la capitale, le gardien formé au Mans, que j’aimais appeler Mini-Valdes pour sa qualité de prise de balle et son jeu au pied, monte en Ligue 2 avec le club francilien au terme d’une saison exceptionnelle sur le plan individuel et collectif. 👏🏼👏🏼
 
Merci Touff en tout cas pour ces moments magiques. A quand une statue ?

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En septembre 2024, je me lancerai dans une nouvelle formule, avec sans doute des interviews de joueurs, actuels ou anciens, du Mans ou des focus sur des anciens joueurs qui ont peu joué en pro mais qui ont percé ailleurs.