Chronique 10/34

Romaric Muc 72
Romaric. La première fois que j’ai croisé son nom dans la rubrique des transferts, à l’été 2005, je me suis empressé d’aller voir sa fiche. Le milieu ivoirien venait d’empiler les buts en deux saisons au KSK Beveren, à l’époque lié avec l’académie de Jean-Marc Guillou en Côte d’Ivoire. Un joli bilan de 23 buts en 59 matchs au plat pays. En Belgique Romaric jouait plus proche de la ligne d’attaque, alors qu’au Mans il jouera juste au dessus de la défense.
 
J’ai finalement découvert, comme tous les supporters manceaux, un technicien plus qu’un buteur. Mais quel technicien ! Un vrai quarterback équipé d’une main à la place du pied gauche, capable de trouver ses coéquipiers avec une facilité incroyable. Mis à part les premières semaines et sa mise à l’écart pour cause d’un accident de voiture en Belgique, Romaric a toujours été titulaire au Mans. Milieu relanceur, il aimait jouer court ou long, souvent avec Mathieu Coutadeur ou Stéphane Sessegnon à ses côtés. Dans le 4-3-3 que j’ai adoré, il assurait aussi la couverture et les duels aériens.
 
Au Mans, la première saison, « Roma » n’a pas marqué. Il se rattrapera la deuxième saison avec 5 buts en championnat. Son premier sera inscrit sur coup franc face au Valenciennes (3-2) du fantasque Steve Savidan, pour une victoire à Bollée. Je m’en rappelle encore. On avait souffert lors de ce match.
 
Quand Rudi Garcia a signé au Mans, le hasard du calendrier a offert dès la deuxième journée de championnat un déplacement au FC Sochaux-Montbéliard, nouveau club de Frédéric Hantz. Ce soir-là, on l’a emporté 3-1. Et j’ai surtout vu le meilleur match de Romaric sous la tunique mancelle. Le milieu ivoirien a parfois souffert de sa relation avec Fred Hantz, et sur ce match il avait un compte à régler. On a tous vu, il était partout sur le terrain ! 
 
Stéphane Sessegnon aussi avait été exceptionnel à Bonal, et bien sûr Tulio De Melo, triplé à la clé. Bon on parle d’une saison qui restera la meilleure du club en Ligue 1. On avait une équipe de All-Stars on est d’accord. Pas normal d’ailleurs de finir à la 9ème place. Mais on reviendra sur cette fin de saison 2007/2008 lors d’une autre chronique. Ah si, j’allais oublier : cette saison là, en Coupe de la Ligue, Le Mans et Lens ont écrit l’histoire (et bien sûr on reviendra aussi sur ce 4-5…). C’est Romaric ce soir-là qui perdit le ballon face au malien Sidi Keita qui allait marquer dans la foulée le dernier but de la partie pour Lens, d’une frappe spectaculaire sous la barre… Une soirée définitivement spéciale : Romaric ne perdait jamais de ballon, Sidi Keita ne marquait jamais. C’est ainsi.
 
Toujours est-il que Romaric est ensuite parti en Espagne, où il a tout de même joué plus de 120 matchs sous les couleurs du Sevilla FC, marquant notamment contre le Madrid de Raul lors d’une victoire épique de Séville à Bernabeu (4-3). Le résumé ici.
 
De Romaric, je garde aussi en mémoire ce grand sourire. Romaric aimait la vie. La vie aimait Romaric. Et moi j’ai tellement aimé ce joueur !

 

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En septembre 2024, je me lancerai dans une nouvelle formule, avec sans doute des interviews de joueurs, actuels ou anciens, du Mans ou des focus sur des anciens joueurs qui ont peu joué en pro mais qui ont percé ailleurs.