Lens. Une autre équipe sang et or. Un club qu’on aime aimer, avec un des plus beaux publics de France. Je n’ai jamais effectué de déplacement à Bollaert mais j’aimerais entendre le chœur nordiste une fois dans ma vie d’amateur de football. En 2007-2008, les manceaux ont affronté 3 fois les lensois. 2 victoires et une défaite.
En championnat, les joueurs de Rudi Garcia ont réalisé un début de saison du tonnerre, porté notamment par un milieu de terrain incroyable. La triplette Romaric – Coutadeur – Sessegnon fait mal à beaucoup d’équipes. Le béninois, à l’image de Romaric, a eu besoin d’une saison pour prendre complètement confiance mais sous les ordres de Rudi, il est incroyable. Dribbleur et passeur, il sait tout faire. C’est lui le meneur de jeu de l’équipe, bien installé au cœur du jeu. Des amis parisiens regardaient avec gourmandise notre équipe à l’époque et Stéphane remportait les suffrages. Il leur rappelait un peu Jay-Jay Okocha. La puissance alliée à la technique. J’avoue que cette saison là, j’étais moi aussi vraiment amoureux de ses crochets, de sa vivacité, de son coup d’œil. Je n’en ai pas beaucoup parlé depuis le début de mes chroniques, sans doute pour protéger le joyau.
Revenons à nos équipes sang et or. Le 8 décembre 2007, les coéquipiers de Romaric se déplacent à Lens et l’emportent 3-1. Une superbe victoire en terre nordiste, avec un but notamment d’Anthony Le Tallec en fin de partie. Tulio De Melo et Gervinho sont les deux autres buteurs. Ils le seront aussi lors du fameux match. LE match face à Lens.
Le Mans : Pelé – Camara, Cerdan (Geder, 57ème), Basa, Calvé – Sessegnon, Romaric, Yebda – Matsui (Maïga, 72ème), De Melo, Gervinho (Samassa, 115ème).
Le 27 février 2008, plus de 13000 manceaux se sont donnés rendez-vous à Bollée pour la demi-finale de la Coupe de la Ligue. Après avoir battu Niort 3-0 en huitième de finale et l’Olympique Lyonnais – OL en quart (1-0, but de Matsui), les mucistes s’offrent un petit cadeau devant leurs supporters. Pour une fois, ils sont favoris face à des lensois en difficulté en championnat. Le match s’engage bien et Le Mans ouvre le score par Gervinho (22ème). Lens égalise à la 37ème. Le Mans repasse devant grâce à Hassan yebda avant la pause, le public y croit mais… Loïc Remy égalise une minute plus tard. Le match est parti sur de sacrées bases !
A la 53ème, le buteur lensois Aruna donnent l’avantage aux lensois. Le public est dépité et il l’est d’autant plus après la malchance de Yohann Pelé qui marque contre son camp après avoir dévié une magnifique reprise de Monterrubio sur le poteau. Mais alors que l’on croyait le match terminé (2-4, 64ème) ont commencé 120 secondes de folie ! Daisuke Matsui réduit le score à la 66ème et une minute plus tard, sur l’engagement lensois, Tulio marque au terme d’une action chanceuse. Bollée quitte la terre ferme. Jamais je n’ai vu le public dans un tel état d’ivresse. C’est simple, j’ai le souvenir d’avoir vu chavirer le stade. Pas au sens figuré, au sens propre ! J’étais en tribune de presse ce soir là mais j’ai souvenir d’avoir vécu la folie comme au milieu des supporters.
Malheureusement, cette soirée devait être véritablement unique. 118ème, Romaric perd le seul ballon de sa carrière au Muc (j’exagère mais il ne perdait jamais la balle Roma, jamais) et Sidi Keita, plus connu pour ses qualités de récupérateur que de buteur (un but en carrière) place une mine sous la barre de Pelé. C’est fini. Ce match restera tout de même un extraordinaire souvenir, unissant le public à cette génération de joueurs. Régulièrement je me remets ces 4 minutes de folie.
Et je souris à nouveau devant ce scénario renversant.
Deux mois plus tard, les manceaux prendront leur revanche à domicile face aux lensois pour la 35ème journée, la dernière victoire de la saison… Sur le score de 3-2, avec notamment deux buts de Daisuke Matsui sur deux passes décisives de Stéphane Sessegnon. Les deux hommes vivent leurs dernières semaines au club. Et ils ne sont pas les seuls…