Quand Guillaume Bertel, assis à son bureau de responsable de la com’, me demande si je suis d’accord pour partir au Japon accompagner le groupe et tourner un film du voyage, je n’hésite évidemment pas, au contraire. Je suis surexcité et si heureux. Qui plus est j’aime cet exercice de témoignage qui me met dans ma posture préférée, légèrement en retrait, observateur silencieux du monde qui m’entoure. Être derrière la caméra m’a toujours plu. Après le voyage à Arsenal
en 2006, encore une incroyable chance dont je suis conscient.
15 ans plus tard, le Japon reste un souvenir impérissable. Encadrés par Tetsu Motegi, super intendant de la Japan Football Association, nous nous sommes donc envolés direction Tokyo. Nous ? Robert Brunet, Mathieu Dupont, Stephane Guedet, Jérôme Drouin et une super squadra :
Thomas Gblt, Rudi Portier, Corentin Simon, Arnaud Guedj, Valentin Fagault, Rémy Ltrn, Emmanuel Guilpain, Jordan Monceaux, Arthur, Tugdual, Alexis Blin, Morgan Choplin, Antoine Séchet, Sébastien Laurent, Stan Laurent, Kevin Moihedja, Lounis Aouadj.
Que des petits frères pour moi, à vie. Même si le tournoi avait été très dur (3 défaites en autant de matchs), c’est autre chose qui est resté entre nous, nourri par les heures d’avion, de bus, la rencontre avec d’autres cultures, Tokyo, les visites.
Personnellement, je garde des scènes si fortes de ce voyage, surtout à Tokyo. Un soir, avec Tetsu, je suis parti marcher dans la ville. Nous nous sommes arrêtés boire une soupe dans un de ses petits étals populaires qui traînent dans les rues. Au milieu de l’activité fourmillante de cette ville qui donne le tournis, entre les immenses grattes ciels qui nous surplombaient, aux côtés de deux autres personnes qui sirotaient bruyamment leur breuvage, nous avons parlé de sa jeunesse et de sa culture. Dans ce temps suspendu, Tetsu m’a raconté qu’il n’était jamais parti en vacances avec ses parents, que le travail était une valeur qui étouffait une grande partie de gens au Japon. J’ai cru comprendre qu’il se sentait riche d’avoir pu goûter à d’autres cultures. On garde, on prend, on s’ouvre, on se découvre. Tetsu si tu me lis, je te remercie encore de cette soupe populaire.
La veille du départ, je me rappelle aussi de la vue incroyable dont nous bénéficiions dans notre hôtel, un des plus hauts de Tokyo ! Assis en tailleur sur mon lit, je suis resté des heures bouche bée à regarder par la baie vitrée de ma chambre, qui donnait sur cette ville monde, ses millions de lumières.
Tant de souvenirs. Je pourrai dérouler encore longtemps. Le Japon, c’est la « plus grande balle culturelle » de ma vie comme j’aimais à le répéter. J’ai été moins dépaysé au Maroc, en Russie ou en Gambie. Dans chacun de ces pays, j’ai toujours trouvé des choses communes entre les habitants et moi. Au Japon c’était autre chose, accentué sans doute par le fait que peu de japonais parlaient anglais, à mon grand étonnement. Je dois avouer 15 ans plus tard que je n’étais pas hyper satisfait du film que j’avais réalisé. Je crois que j’étais happé par la découverte et l’émerveillement.