J’avoue ne pas savoir comment clore cette riche saison d’écriture.
L’instinct m’a guidé depuis août dernier pour raconter quelques souvenirs de ces 8 saisons au Muc 72. Aujourd’hui il peine.
Alors comment se dire au revoir ?
Dire merci à Henri Legarda pour m’avoir permis de vivre cette folle aventure ?
Saluer une nouvelle fois Laurent Petit pour m’avoir embaucher ?
Écrire une chronique complète sur mon tonton frérot Fred qui me manque Tant ici en Italie ? Je peux quand même en livrer une sans risquer de prendre une clé de bras : les soirs de matchs pluvieux, le faux sérieux Fred, irresponsable de l’insécurité au stade, devenait un vrai hippie, ses cheveux plaqués se transformant en coupe afro. Que j’ai aimé te chambrer Fredo. Au club et aux côtés de Bernard Lemée, avec qui tu formais un duo d’enfer à Bollée, tu avais trouvé ta maison. Jamais vu autant de force réunie dans autant de bonté. Appelle moi Fredo si tu as besoin, j’arrive avec ma légendaire technique du coup de boule dans les genoux.
Citer toutes les personnes que j’ai eu honte d’oublier ? Tous ces collègues qui sont restés trop peu longtemps comme Alex Cherré ou Arnaud Reyre, étoile filante parti au VAFC – Valenciennes Football Club puis au PSG – Paris Saint-Germain ?
Évoquer le Bar du Centre Arnage qui était notre fief du midi pendant de longues années ?
Dire merci à Régis Beunardeau pour le jour où il m’a dit que j’avais changé (en mal) ?
Évoquer Zito, Anthony Derouard, Fernander Kassai, Michel Landel dit Dada, Amiran Sanaia, tous ces discrets joueurs qui ont longtemps évolué en CFA, qui en ont connu des belles et des moins mûres au club mais qui ont su rebondir ? D’ailleurs ils m’ont régalé tous ces joueurs lorsqu’ils ont emmené leur coach Denis Zanko en finale du Championnat CFA un certain 11 juin 2011. Une défaite 2-1 (but de Billal Djeddou pour Le Mans) face à l’ogre Olympique Lyonnais – OL mais un moment de fierté pour tout un club. Ce jour là, Jeff Louis et Zito avaient été énormes d’engagement, entre autres, associés au grand et souriant Massiré Kanté dans l’entre-jeu.
Un peu de tout ça et plus encore.
J’ai tant aimé travailler à Bollée, traverser les mêmes couloirs vétustes que lorsque j’y jouais avec l’USM, fouler les pelouses d’entraînement, participer aux conférences d’après-match dans la plus petite salle de presse de Ligue 1 avec Blandine, Denis Lambert, Jacques Hébert, Christian Louis, Stéphane Bois et tous les autres. On était pas tout le temps d’accord mais on avait la même passion.
Puisqu’on parle beaucoup équipe de France avec l’Euro, quelle chance incroyable j’ai eu aussi de passer deux semaines à Clairefontaine avec les joueurs, une fois avec Fred Hantz, l’autre fois avec Rudi Garcia. J’ai même eu droit à ma chambre perso, à la table de ping pong, au salon… et à un menace d’amende car je ne respectais pas les horaires et j’étais en retard à table. Entre la gestion des médias et la communication sur le site, j’avais du mal à tout faire ! Heureusement, un avertissement a suffit et Jean Cecchet, admirable et légendaire intendant de l’équipe, n’a pas eu à imposer la sentence.
Je me rends bien compte que je pourrais rédiger encore d’innombrables lignes sur le Muc 72 après ces quelques 70 heures de chroniques mais il faut bien savoir s’arrêter, chose qui est dure pour moi.
Finalement, l’instinct qui me guide toujours vient de trouver le sujet du jour. Mon écriture aimerait aujourd’hui ce que j’aurais aimé il y a 11 ans : que cela continue pour toujours. Que la passion qui était la mienne pour cette étrange entité sang et or ne s’arrête jamais de brûler, que je puisse continuer à voir déborder aile droite les nouveaux James Fanchone, que je puisse vibrer encore des exploits des anciens manceaux dans des clubs plus huppés (Daniel Cousin à Lens, Didier Drogba à Chelsea, Laurent Bonnart et Yohann Pelé à l’OM…), de m’émouvoir avec le premier match en pro d’un titi manceau…
Bref, continuez à me droguer à l’opium du peuple pour ne pas avoir à penser à la vraie vie, à son drame, à celle qui passe mais ne s’arrête pas. On pense fort à vous Clément, Blandine, Christian, Patrick…
Quand on est chanceux on aimerait l’être toute la vie.
Je dois juste dire merci et laisser place.
Et désormais, le sang et l’or, c’est moi.
A moi de me supporter pour aller le plus loin possible.
Et merci à tous pour votre lecture et vos discrets encouragements !