Chronique 4/34

Qu’est-ce que l’âme ? Où se cache-t-elle ? Les philosophes, les religieux, les scientifiques se sont intéressés à la question, ont osé des réponses. Les amoureux de sport collectif utilisent également ce mot pour évoquer un joueur ou une association de joueurs qui représente un club, un lieu, un esprit. 

En 2005-2006, quand je débute le travail au Muc 72, j’ai la chance de vivre l’apogée d’une génération exceptionnelle qui a marqué une époque pour les manceaux. Un groupe qui avait offert la première saison en Ligue 1 au club en 2003-2004. Dans la vidéo qui suit, finale du jour, on ne retrouve que des joueurs qui font équipe depuis 2003 : Olivier Thomas – Yoann Poulard – Yannick Fischer vs Laurent Bonnart – James Fanchone – Yohan Hautcoeur. Pour l’anecdote ce tennis ballon a été remporté 8-4 par les « anciens » !

Olivier Pedemas, arrivé au Mans en 1993-1994 en provenance du Toulouse FC et longtemps entraineur des gardiens du club (2003-2012), fait le lien chez les pros entre les différentes générations de mucistes. Le 21 août 1999, le gardien est titulaire pour un Muc 72 – Cannes remporté par les manceaux (2-1, doublé de Didier Drogba). Cette affiche de D2 est aussi le premier match au club d’un tout jeune joueur arrivé du FC Tours à l’été : un certain Laurent Bonnart. Si j’ai toujours appelé Fred Thomas « cap’tain », le capitaine éternel de cette génération c’est Laurent. Loin de moi l’envie d’être familier, mais Lolo porte bien son nom de famille. Dans le vestiaire du club, on entend souvent son rire, le même que l’on entend dans la vidéo qui suit, en fin de séquence, quand ce diable de Yohan Hautcoeur chambre James Fanchone avec toute l’affection du monde. Je rigole à chaque fois que je revois cette séquence.

« Franchement si vous voulez filmer une personne, c’est le Jean-Pierre Papin moustachu, là-bas, le JPP des îles. (…) Le numéro 17 là-bas, James Fanchone ».

Mythique. Éternel.

J’ai envie d’avancer que l’âme du Muc 72 résidait alors quelque part dans les liens forts qu’avaient ces joueurs, sur le terrain bien sûr mais surtout dans le vestiaire. Les inséparables Yohan Hautcoeur et Laurent Bonnart, qui habitent d’ailleurs dans le même coin toujours aujourd’hui, restaient des heures entières à rire dans les vestiaires de la Pince ou de Bollée après les entraînements ou les matchs. Avec souvent le même scénario : Yohan raconte connerie sur connerie, tel un moteur intarissable, et Laurent se marre.

Laurent Bonnart, né à Tours en 1979, a été capitaine du Muc 72 pendant de longues années. Quelle belle carrière que la sienne. Son intelligence et son mental lui auront offert un titre de Champion de France et une Coupe de la Ligue en 2010 sous les ordres de Didier Deschamps, tout simplement. Quel fierté pour Le Mans de l’avoir vu gambader sur le côté gauche de la défense pendant 9 saisons. Jeune supporter, à Bollée, son jardin, j’appréciais sa vivacité, son penchant vers l’attaque, sa capacité à rentrer intérieur lui qui était un droitier jouant à gauche. C’était notre Spinazzola à nous. En tant qu’attaché de presse ce fût un grand honneur de l’accompagner au conférence. Et en tant que supporter infiltré, ce fut juste incroyable de vivre avec tous ces joueurs admirés des moments d’intimité comme ce bon vieux tennis ballon.

PS : elle rigolait pas l’équipe de « vieux » !

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