
Quelques jours plus tard
74 jours plus tard Confiné à domicile comme tout un chacun, tenir ce journal m’est apparu comme un geste salvateur. Mes pensées tournaient en boucle
Ultime récit regroupe des textes difficiles à classer, souvent des récits accouchés dans la douleur. Ils représentent des blessures encore ouvertes, des peurs, des révélations…

74 jours plus tard Confiné à domicile comme tout un chacun, tenir ce journal m’est apparu comme un geste salvateur. Mes pensées tournaient en boucle

Ultime récit Ultime récit regroupe des textes difficiles à classer, souvent des récits accouchés dans la douleur. Ils représentent des blessures encore ouvertes, des peurs,

Le visiteur et la forêt magique Il était attendu. Comme le messie. Il est reparti. Fugace comme le bonheur. Reviendra-t-il? Tout est désormais calme, silencieux…
Le 1er mai 2019, j’ai rencontré Stefano Malpassi. Nous avons brièvement évoqué l’anarchie et les gilets jaunes en France. J’avais promis de lui écrire quelques lignes. Mais mon stylo a bloqué, la boussole de mon écriture en panne. J’ai mis 6 mois à trouver des clés d’écriture mais surtout de pensée…
J’écrivais sur la beauté d’un système anarchiste mais quelque chose en moi me disait que je devais partir de mon rapport personnel à la liberté, à l’éducation et à l’amour. Anarchie. Anarchie 2.0. Anarchie 3.0. Je rayais les copies. Et puis finalement, le 12 octobre 2019, je me suis risqué à mettre un point final à ce long parcours…
Guidé par une sourde intuition, j’écris.
Sans vraiment savoir pourquoi, je désire écrire sur l’anarchie. Quelques mots sur la liberté et le pouvoir.
Et voilà que je me retrouve sur l’anneau de Moebius, qui m’a toujours fasciné.
Depuis les prémices de ce texte je veux laisser une place à cette figure géométrique complexe. Sans vraiment parvenir à me l’expliquer totalement…
Je me fais confiance. A un moment, le sens, caché comme un œuf de Pâques, apparaîtra à mes yeux et remplira mon cœur de joie.
A une seule condition : que je cherche sans abandonner.
Intuition. Intention. Attention. Je tente de mettre ces trois mots en mouvement, cherchant des combinaisons, pour finalement retenir cette formule : alerté par mon intuition, je me laisse guider par l’intention avec attention.
Trois mots ici transposés par pur mots de jeux? Non, il y avait quelque chose et j’ai à nouveau cherché.
J’ai cherché, observé, écouté, senti. Souffert aussi un peu, dans toute la grandeur de mon ignorance.
J’ai cherché pendant plusieurs mois la signification que pouvait avoir à mes yeux ces trois mots assemblés.
Et c’est en m’intéressant à mes paradoxes que j’ai trouvé.
L’anarchie est à l’image de Dieu.
Une posture face à la vie, une droiture face au miracle, un fil tendu. Une ode à la vitalité de chacun. Un mouvement éternel. Intime. Fragile. Personnel. Dieu est absent mais tout notre être tire vers lui.
L’anarchie serait l’ultime posture humaine mais une posture impossible, que l’on ne peut qu’approcher sans véritablement toucher. Un royaume où règne amour et connaissance. Chacun de ses deux ingrédients soigneusement nourris. Un équilibre aussi secret qu’unique, dansant sous le soleil.
L’amour et la connaissance sont à la fois la boussole et le bateau. La liberté est au bout. Mais tel un mirage dans le désert, elle reculera sans cesse, interrogé par l’homme lui-même. Tel Sisyphe, l’homme avancera, le sourire au cœur à l’occasion.
Et c’est dans ces quelques secondes qu’il sentira le seul sens de la vie. Son expérience.
Et l’on n’expérimente pas la vie les pieds et les mains liés, privé de ses sens. Sinon comment fait-on pour trouver son chemin?
L’anarchie, ou plutôt sa recherche, est à lui seul le chemin et la destination.
Je rêve d’anarchie mais je ne la désire pas réellement. C’est son essence que j’aime. Or l’essence, par définition, est une notion relative et interprétable. C’est pour cela que je ne crois pas à l’établissement de modèle mais à la création et à la culture d’un fil tendu et de conditions favorables.
La force vitale qui anime chacun d’entre nous, celle que décrit avec tant de talent Friedrich Wilhelm Nietzsche, est sacrée et unique. Comment pourrions-nous la renfermer dans le tabernacle d’un modèle?
Je suis anarchiste.
Un anarchiste spirituel. Le toit de mon église est ouvert.
L’anarchie comme système? L’église a déjà tué Dieu, ça me suffit.